Interventions

 

Augmentation mammaire

AUGMENTATION DU VOLUME DES SEINS – LES PROTHÈSES MAMMAIRES

A qui s’adresse cette intervention ?
Peut-on faire poser des prothèses mammaires avant une grossesse ?
Quels sont les différents types de prothèses actuellement disponibles ?

Quelle est la durée de vie d’une prothèse ?

Comment se déroule l’intervention ?
Quelles sont les suites opératoires ?
Peut-on surveiller normalement des seins opérés ?
Existent-ils des risques pour la santé à long terme ?
A quel moment obtient-on le résultat définitif ?
En conclusion

A qui s’adresse cette intervention ?

L’intervention d’augmentation mammaire est indiquée dans 4 situations principales :

  • Hypotrophie mammaire, il s’agit de jeune femme, souvent mince ayant eu un développement insuffisant de leur glande mammaire au cours de leur puberté et qui désire une poitrine « normale ». La seule pose d’un implant, en général en arrière du muscle pectoral, amènera le volume et la forme recherchés.
  • Ptôse mammaire et fonte glandulaire (seins tombant et vidés), c’est le cas de femmes ayant eu plusieurs grossesses, ou ayant perdu beaucoup de poids, souvent plus de 20 kg. Les seins sont alors plats et reposent sur la partie haute du ventre. L’objectif sera alors, par une double opération de plastie mammaire, pour remonter le sein, associée à la mise en place d’implants, pour le remplir, notamment sur le haut par une prothèse en arrière de la glande ainsi remodelée.
  • Augmentation d’une poitrine déjà existante : il s’agit de patiente dans une démarche esthétique pure. Le volume des seins est jugé insuffisant et la volonté d’une poitrine encore plus féminine est exprimée. Une implantation sera alors décidée dont le volume et la forme seront adaptés au souhait de la patiente et au sein préexistant. La prothèse sera le plus souvent placée en avant du muscle.
  • Anomalies, malformations : asymétrie mammaire, seins tubéreux.

Peut-on faire poser des prothèses mammaires avant une grossesse ?

Oui, car la prothèse se situe derrière la glande mammaire ou encore plus profondément, derrière le muscle pectoral. La glande mammaire fonctionne donc normalement et une grossesse est possible, de même l’allaitement est autorisé mais peut être compromis à cause de l’incision péri-aréolaire. En revanche, la grossesse entraînant souvent des modifications au niveau des seins (tombant, vidé, aplati), il est judicieux de différer l’intervention si une grossesse est envisagée dans les 6 à 12 mois à venir.

Quels sont les différents types de prothèses disponibles?

Ils existent 2 principaux types de matériaux de prothèses en France  :

  • La silicone : gel aujourd’hui plus cohésif et stable par rapport aux implants plus anciens. Il donne les meilleurs résultats sur le long terme.
  • Le sérum physiologique (eau salée, naturelle) totalement inoffensif mais aux risques de déformations et de dégonflement plus importants.
  • Notons les hydrogels et le polyuréthane qui sont très peu utilisés.

Ils existent plusieurs formes de prothèses :

  • Rondes à profil plus ou moins haut, permettant de choisir une projection à la demande.
  • Anatomiques, en forme de goutte ou asymétriques, avec une forme en miroir entre le droit et le gauche, recherchant un aspect naturel mais au risque de rotation secondaire, malgré tout très faible.

Quelle est la durée de vie d’une prothèse ?

Les prothèses ont une enveloppe qui s’use progressivement. Sa rupture paraît inéluctable dans un délai variable. En théorie, la durée de vie d’un implant mammaire est en moyenne de 15 à 20 ans. Il est indispensable de surveiller régulièrement un implant en silicone. Une visite annuelle de contrôle chez le chirurgien est nécessaire à partir de la 2éme année postopératoire. Concernant les prothèses salines (remplies de sérum physiologique), aucune surveillance n’est nécessaire puisque la rupture se traduit immédiatement par un dégonflement de la prothèse. L’eau sera résorbée sans complication. Le changement sera programmé à partir du moment où le diagnostic de rupture sera posé. Cela devra être réalisée rapidement pour éviter des déformations irréversibles du sein qui se rétracte de façon anarchique autour d’un implant vidé et froissé. Il faut considérer qu’un implant mammaire n’est pratiquement jamais définitif. Un changement de prothèses est un geste chirurgical différent du premier , mais souvent mieux toléré que la première mise en place.

Comment se déroule l’intervention ?

Elle se déroule sous anesthésie générale.
Avant l’intervention, seront pratiquées une mammographie et une échographie systématiquement.
Une hospitalisation de 12 heures en clinique est généralement suffisante.
La cicatrice, qui fait environ 5 centimètres de long, se trouve soit sous le bras, dans l’aisselle, soit autour de l’aréole dans sa moitié inférieure à la limite entre la peau colorée de l’aréole et la peau claire, ou dans de rares cas dans le sillon sous le sein. Elle devient le plus souvent quasiment imperceptible. Mon option prioritaire est la voie hémiaréolaire inférieure qui offre le meilleur résultat possible en restant discrète et cachée.

différentes incisions de mise en place d'une prothèse mammaire

différentes incisions de mise en place d’une prothèse mammaire

Elle sera toujours placée en arrière de la glande mammaire (ainsi projetée vers l’avant) et suivant les cas, soit derrière soit devant le muscle pectoral, et ce en fonction de différents critères :

  • Forme et volume du sein préexistants
  • Finesse de la peau et de la graisse sous-cutanée, notamment dans la partie haute du sein
  • Tonicité du muscle pectoral
  • Désir de la patiente par rapport à la forme définitive du sein : plus ou moins bombé, plus ou moins haut
  • Activité sportive
  • En cas de changement, il est prudent de reprendre la même situation que précédemment
  • Type d’implant, p.ex. les prothèses en sérum se mettent préférentiellement en rétro-pectoral

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Avant prothèse      Prothèse pré musculaire      Prothèse rétro musculaire

Au réveil, les seins seront maintenus :

  • soit dans un soutien-gorge de maintien sans armature, fermé par devant, à garder 6 semaines
  • soit par un soutien-gorge avec contenseur mammaire, « bandeau » à bande Velcro, serré sur le haut de la poitrine, à garder 2 à 3 semaines, jour et nuit et qui maintiendra les prothèses en bonne position.

Parfois, sur le côté sortent 2 petits tuyaux (drains) reliés à un flacon qui aspire les sérosités produites par l’intervention. Ils seront retirés le plus souvent avant la sortie. Ils ne sont pas systématiquement placés.

Quelles sont les suites opératoires?

Les suites sont un peu douloureuses, notamment si la prothèse est située derrière le muscle. A la sortie seront prescrits systématiquement des antibiotiques et des calmants anti-douleur.

Les fils sont le plus souvent résorbables et ne nécessitent pas d’être retirés.

Pendant les 8 premiers jours, il sera interdit, de porter des charges, de garder les bras en l’air ou de conduire un véhicule. Un arrêt de travail minimum de 5 jours est exigé.

Ensuite une activité normale est autorisée. Les sports seront interdits 6 semaines.

Les risques à court terme sont l’hématome, l’infection ou le déplacement d’une prothèse. Une intervention peut alors être nécessaire.

Peut-on surveiller normalement des seins opérés ?

Oui, car la glande mammaire préexistante étant située en avant sous la peau. reste accessible à la palpation et à tout examen radiologique. En revanche, il sera important de bien informer le radiologue qui devra manipuler les seins prudemment. Nous conseillons de réaliser cet examen dans des centres aguerris à cette situation.

Existent-ils des risques pour la santé à long terme ?

Il a été démontré par des études scientifiques à grande échelle, que la pose de prothèse en silicone n’entraînait aucune maladie générale, ni ne favorisait l’apparition de cancer. Par contre, la silicone qui pourrait s’échapper après rupture est susceptible d’abîmer les tissus où elle se fixe. La surveillance par des visites annuelles chez le chirurgien et des mammographies afin de détecter une éventuelle fuite sont obligatoires au minimum une fois tous les 2 ans. Le changement des prothèses, qui se fait en moyenne tous les 15 à 20 ans, préviendra tout problème.

A quel moment obtient-on le résultat définitif ?

Au début les seins sont tendus et bombés en haut, mais progressivement en 3 mois, les seins désenflent, perdant 15 à 20 % de leur volume postopératoire immédiat, s’assouplissent et se mettent en place.

Le risque à distance est l’apparition d’une coque, qui est une réaction excessive de l’organisme à l’implant. Le sein devient alors ferme voire dur. Pour prévenir cette « contraction péri prothétique », des auto-massages quotidiens seront prescrits et expliqués à partir de la 3éme semaine post-opératoire. Ce risque qui oblige parfois à une reprise chirurgicale reste rare, environ 1-2% des cas.

En conclusion

L’augmentation mammaire sera réalisée le plus souvent par la pose de prothèses. Le choix de celle-ci se fera en concertation avec le chirurgien qui prendra en compte tous les critères esthétiques, psychologiques ou médicaux. Le grand choix d’implants disponibles et la qualité actuelle des matériaux utilisés autorisent à espérer un résultat très naturel en toute sécurité, sous couvert d’un suivi régulier. Une nouvelle technique, par injection d’acide hyaluronique (Macrolane), permet sans intervention une augmentation mammaire modérée. Le produit se résorbe à 100% en 2 ans; il est ainsi conseillé de ré-injecter une 1/2 dose tous les ans. C’est une technique qui présente à mes yeux 3 inconvénients : non permanente, chère et non validée à 100 % par les sociétés savantes qui émettent des réserves sur leur théorique innocuité à long terme.

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